Hier, un vent de rébellion a soufflé dans le collège. La crise d'ado. Je ne vois pas d'autre explication. 

E. maugrée des insanités à la Vie Scolaire parce que la CPE lui a confisqué sa casquette. Un grand classique mais E. est prêt à, je cite, "tout défoncer quitte à [s]e faire exclure du collège". En plus, sa casquette, il l'avait même pas sur la tête. Même pas.

A côté d'E., C. martèle la plainte de son copain de galère en donnant des coups de pied avec la régularité d'un métronome sur un placard du couloir, en fer de préférence. Sa raison ? Elle attend la CPE, comme entre chaque heure qui passe et qui lui a valu un rapport qui donnait quelque chose comme "Il faut en finir avec les comportements de diva". J'avais approuvé la justesse du mot.

Un peu plus loin, un autre 3ème attend la CPE en tournant devant sa porte comme un lion en cage. Il veut récupérer ses biscuits pour le voyage scolaire dans son bureau fermé à clé. Maintenant. Pas à la récréation, pas à la sortie ou pendant une heure de permanence, non. A 14h30, en plein milieu de son cours d'anglais, donc.

Arrive alors L., autre élève de 3ème que j'avais l'an dernier, qui appuie sur la poignée de la vie scolaire avec brutalité, les sourcils joints. Ce qu'elle veut ? Faire son heure de retenue MAINTENANT, parce qu'elle a une heure de trou. J'observe avec inquiétude la surveillante qui lui répond. C'est non. Ouf. Elle repart plutôt en colère. (C'est un euphémisme)

Quand je pose enfin le pied en salle des professeurs, je reçois sur pronote le rapport du prof principal d'une de mes 3ème sur L. Elle a éclaté à la fin de son cours parce qu'il ne voulait pas lui rendre son téléphone qui a sonné en classe. Mais comme il ignore vraisemblablement que sans son portable, elle "ne peu[t] pas vivre" (sic), elle a décidé qu'elle allait bien lui montrer comment elle allait se comporter s'il ne lui rendait pas !

Et vous savez le pire ? On les emmène tous en Angleterre. Demain.